Emmanuelle Macron souhaite encore repousser l’age de la retraite pour rembourser la dette de la France

A quoi ressemblera la réforme des retraites lorsque le nouveau gouvernement, au lendemain des élections législatives des 12 et 19 juin, entrera dans le vif du sujet. En deux mois, le projet d’ de repousser l’âge de départ à 65 ans a perdu de sa saveur. Jour après jour, le chef de l’Etat et les ministres habilités à évoquer ce sujet très sensible face à la population française, au point que le projet d’origine en est au point mort.

Certes, la réforme est toujours jugée obligatoire, selon le gouvernement de monsieur Macron. Cependant, le report de l’âge légal à 65 ans n’est pas obligatoire, a fait valoir la première ministre, Elisabeth Borne, laissant entendre que d’autres pistes, comme l’allongement de la durée de cotisation, peuvent être explorées. Considérée au départ comme urgente, au point de nécessiter la présentation d’un projet de loi devant le Parlement dès l’été, la réforme  ne démarrera réellement qu’à partir de septembre, a annoncé le ministère de monsieur Macron.

Emmanuelle Macron souhaite bouleverser le système des retraites

Les rumeurs autour du report de l’âge de la retraite, considéré comme la réforme la plus importante par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, sont à l’image de cette campagne des élections législatives où rien ne va parce que l’exécutif veut noyer les problèmes  plutôt que de préciser ses projets. Au niveau des élections, Emmanuel Macron a quelques bonnes raisons de pratiquer ce jeu de l’autruche. Les Français sont majoritairement réfractaires à l’idée de travailler plus longtemps ; les syndicats sont unanimement opposés à la retraite à 65 ans.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a rassemblé  la gauche anti-Macron autour d’un projet qui porte le retour à la retraite à 60 ans, quel qu’en soit le coût pour la mettre en place en France.Devant le risque de voir la campagne des élections législatives se transformer en un dangereux référendum pour faire passer la retraite à 65 ans, Emmanuel Macron a préféré pratiquer la politique de l’autruche.

Une réforme mené avec la politique de l’autruche

La caution est double. En premier lieu, le chef de l’Etat donne l’impression d’être sur la défensive sur un dossier qui est jugé ultra sensible : le projet de retraite par points qu’il portait durant le premier quinquennat n’a pas abouti, si bien qu’il est à ce jour, à la différence des autres présidents, un président de la République qui n’est pas parvenu à conduire une réforme des retraites. Ses opposants sont au courant. Ils feront tout pour qu’il reste dans cette situation.

Plus concrètement, aucune pédagogie n’est faite sur ce qui est  de la question de travailler plus longtemps, non seulement pour assurer l’équilibre du système de retraite par répartition, mais aussi pour garantir le financement du modèle social. C’est bien sur ce constat  qu’Emmanuel Macron a construit son nouveau mandat.

Monsieur Macron souhaite poursuivre la baisse des impôts et commencer à rembourser la colossale dette française à partir de 2026. Dans une situation économique pareille, il ne peut espérer y parvenir qu’en augmentant la quantité de travail pour doper la croissance de la France. Plus il donne l’impression de contourner ce sujet, plus il compromet la réalisation de ses objectifs qu’il a promis à tous les français.

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